Ancre et Plume

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posté le 17-06-2016 à 13:42:24

ESSAI : L'enfant, la mère et le père

L'enfant, la mère et le père

 

"Lorsque nous en arrivons au pouvoir "trois" de quelque
chose, c'est à dire au moment de la transformation, les
atomes s'emballent et là où il n'y avait que lassitude,
il y a maintenant mouvement."

Clarissa Pinkola Estés - Femmes qui courent avec les loups

 

 

 

 

Apprendre à se connaître, c'est réunir l'adulte et l'enfant à l'intérieur de nous pour qu'ils s'aiment.


L'enfant, c'est l'innocence, l'insouciance, il est fragile. Il est la joie, la mélancolie, la peur, le désir, le chagrin. Il est la vérité, un état pur de l'être.

 

On peut considérer qu'il y a deux adultes : le père et la mère. C'est sans doute pour cela que la thérapie s'intéresse au passé. Soigner le père et la mère que nous nous sommes construits pour mieux soigner l'enfant que nous sommes. Se détacher du modèle, "couper le cordon", pour se recréer. Pour que ce père et cette mère s'occupent de cet enfant, il faut qu'ils le voient. Nos parents nous construisent en tant que parents pour que l'on sache soigner l'enfant qui est en nous.


La mère, c'est l'esprit, c'est la terre, la mère nourricière, la fertilité, la source de vie. La mère qui est en nous nourrit le corps physique et le corps psychique, l'âme. Elle guide le père et l'enfant. Pour ce faire, il lui faut la connaissance et l'amour, l'intelligence et le cœur. La mère écoute l'intuition, c'est un don qu'elle transmet à l'enfant. L'intuition est la voix de l'âme. Par l'intuition, on retrouve les sens : les yeux transpercent, les oreilles entendent mieux que l'ouïe humaine. C'est une conscience animale. La mère doit évoluer avec confiance dans le monde extérieur. L'intuition est spontanée, elle est authentique. La mère est l'esprit, le lien, le souffle, la nourriture spirituelle, la respiration qui donne la vie.


Le père, c'est le corps, c'est le ciel, il protège du monde extérieur, il assure la sécurité. Le père représente la force, il veille sur la mère. Il est le logos, la raison. Le lien entre le père et la mère est le lien entre le monde souterrain et le monde visible, entre le monde extérieur et le monde invisible. Le père est celui qui guide l'enfant dans le monde extérieur, il doit être vigilant et savoir que le monde extérieur fonctionne avec le monde intérieur. Il doit être conscient que les choses ne sont pas leurs apparences. L'ignorance du côté sombre qui se cache derrière chaque chose mène à la trahison. Le père doit être prudent. Au lieu de voir notre père comme quelqu'un contre qui se révolter pour exister, il faut réussir à le regarder comme quelqu'un qui ouvre à la liberté. Le corps est un don, il ne faut pas le rejeter. La peur du corps entraîne la maltraitance dans une sollicitation extrême qui mène à l'épuisement.


Nous sommes une triade : le père, la mère et l'enfant. Le corps, l'esprit et l'âme. La sagesse, la beauté et la force. Le ciel, la terre et l'humanité. Trois personnes étroitement unies et en interaction. Une triple personne en une seule essence. Le père, l'esprit et le fils. L'esprit, c'est la mère, le souffle originel. L'âme fait du corps un être vivant.

 

 

 

Photos : Henri-Noël Fournier

 

 


Commentaires

 

1. crandberry  le 17-06-2016 à 18:28:24  (site)

Merci de m'avoir souhaité la bienvenue, et bonne soirée.

2. Mr-He  le 20-06-2016 à 10:34:28  (site)

Bonjour therese
un fort joli texte qui donne a réfléchir, sur les valeur de la vie
René

 
 
 
posté le 13-06-2016 à 19:05:21

Texte de chanson : "Le jouet"

Le jouet

 

 

 


 

 

 

Je suis comme un jouet cassé

Par un enfant laissé

Seul et tout puissant

M’utilisant inconsciemment


Pour combler ses failles
Je mène ma bataille
Si je reste fragile
Je resterais inutile


Je suis comme un jouet cassé
Laissé dans un coin du grenier
Seul et poussiéreux
Inutile et miséreux


Un jouet qui ne vaut rien
On le laisse au magasin
On le range au fond d’un carton
Pour compléter une collection


Je suis comme un jouet cassé
Qu'on peut toujours réparer
Où mettre à la poubelle
Les jeux ça se renouvelle


Je ne veux plus être un jouet
Qui se laisse trimballer
Je veux apprendre à vivre
Dis moi le chemin à suivre


Je sais que je peux me lever
J'ai juste besoin d'être aimé
Dans le cœur d'un enfant
Un jouet peut devenir vivant

 

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. gegedu28  le 13-06-2016 à 20:27:56  (site)

Bonsoir,
Très joli poème !
Au plaisir de vous relire.
Gégédu28

2. Mr-He  le 14-06-2016 à 00:46:44  (site)

Bonjour
je découvre ton blog, fort joli poème
amitiés René

3. miou14  le 14-06-2016 à 17:35:32  (site)

Bonsoir Thérèse, quel joli texte, la belle histoire du jouet, j'aime beaucoup.
Bonne soirée, amitiés normandes

4. Mr-He  le 16-06-2016 à 01:04:55  (site)

Bonjour Thérèse
fort bien écris, souvent j'oublie de venir te lire.
cela ne va plus arrivé, je t'ai mis en favoris sur mes 4 blog
René

 
 
 
posté le 09-06-2016 à 18:16:27

ARTICLE : L'art d'être artiste

L'art d'être artiste

 

"Le créateur est quelqu’un qui est sorti

du rang et a bousculé les spectateurs trop

complaisants de la comédie humaine en

leur donnant à voir l'inhabituel."

Jean Cottraux


Il y a une sorte de non-dit dans ce milieu particulier et les nombreux débats sur le statut d’intermittent du spectacle n’ont pas aidés les artistes à ce qu’on leur porte de l’attention, les réduisant plutôt à des "profiteurs" du système.
On peut se poser la question si ce rejet ne naît pas de l’envie que procure des métiers dans lesquels il est possible de vivre de sa passion, de "jouer" en travaillant...


Pourtant, comme pour toutes les professions, il faut prendre en compte les contraintes. Concernant le spectacle vivant, le rythme de vie est extrêmement instable avec des horaires variant en permanence et une alimentation qui ne peut pas être correctement maîtrisée. Le moindre aléas de santé peut engager la destinée professionnelle. Il est connu que de nombreux artistes ne déclarent pas d’arrêts maladies car leur statut est trop précaire et le risque de ne plus être recontacté pour travailler est trop grand.
D'autre part, l’exigence des pratiques artistiques engendre une pression permanente. Le stress, lié à la confrontation au public ou la complexité des papiers administratifs prennent également une large place dans ces professions.

 

 

 

À mes yeux, la contrainte la plus présente et qui réunit l’ensemble de la profession artistique est la solitude. Bien que la solitude soit nécessaire durant le travail de création, elle est dangereuse car elle est omniprésente dans ces professions qui n’ont pas de structure stable ni d’encadrement professionnel. Des contrats courts, des collègues changeants, une pression quant au statut précaire et à la production des œuvres peuvent mettre à mal les artistes.
On réduit souvent l’artiste à une personnalité instable qui passe dans "le creux de la vague" et "c’est cela qui fait de lui un artiste et qui lui permet de créer".... Depuis l’époque de Sigmund Freud, la plupart des théoriciens psychologiques estiment que ce sont nos peurs intérieures, nos angoisses et nos désirs primitifs qui alimentent notre développement intellectuel. Le citoyen moyen cherche à les éviter. L’artiste s’y enfonce volontairement.
"L’un des "clichés" les plus répandus sur la création est celui de l’artiste maudit, qui se prend pour Dieu et en paye les conséquences. Quoiqu’il en soit, toute création part de rien, de la page blanche. Le centre de la création s’apparente donc au vide." Geoffroy Troll et Jean Rodriguez - Manuel Alphabétique de l’Art-thérapie


La solitude s'apparente à du vide que l'artiste va transcender. C'est en créant qu'il s'en libère. La nature est en perpétuelle évolution, elle est création, et la nature n'aime pas le vide. L’œuvre d'art naît d'un besoin vital. L'artiste ne va pas au devant des émotions, et s'il ne cherche pas à les éviter, c'est justement parce qu'il sait qu'en créant, il pourra s'en libérer.
La mélancolie, la tristesse, la colère, l'amour, peuvent être des états propices à la création autant que la création est utile à libérer ces émotions... L'artiste, en étant sur scène ou en exposant ses œuvres, nourrit les âmes et se détache de sa création en l'offrant au monde extérieur. Interpréter par le jeu, la musique ou la peinture, l'ombre collective, amène le public à prendre du recul sur ses fonctionnements et ses façons de penser. Oui, l'artiste joue un rôle utile !


Dans "La puissance de la joie", Frédéric Lenoir expose la pensée de Nietzsche : "Par l'acte créatif, l'art constitue l'expérience privilégiée de la joie et nous offre le modèle d'une vie réussie quiconsiste, à travers un processus permanent d'autocréation, à faire de sa vie une œuvre d'art."
Bergson, dans L'évolution créatrice, explique que c'est précisément le fait de créer qui procure de la joie.


Je termine avec cette citation d'Abraham Maslow et une photo souvenir!

"S'il veut être en paix avec lui même, un musicien doit faire de la musique, un peintre faire de la peinture, un poète écrire."

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. YSD  le 12-06-2016 à 15:50:56

Ce que tu écris me touche infiniment...
Ne crois tu pas que la solitude est propre à la nature humaine? Bien que très entourée pendant la traversée d'un période difficile où j'affrontais un cancer, je me sentais aussi vraiment seule!
Bonne route, notamment littéraire!

2. LolaB  le 24-06-2016 à 20:26:50

J adhère, L'artiste, en tant que créateur n est pas instable, le mythe du poète maudit est souvent lié à ce que l on voit lors de sa scolarité, rencontrant au gre des chapitres Poe, Baudelaire, Nerval, Maupassant. D.aucuns sont mals sans être créatifs...le cadre et la tu mets le doigt sur quelque chose d important, c est le cadre qui est si instable qu il fait de la vie de l artiste, une vie de voyageur...merci à toi, c est éclairant

 
 
 
posté le 04-06-2016 à 12:08:07

ROMAN : Juliette, l'art d'être ressucyclable

Extrait de mon premier roman, à sortir à l'automne!

 

 


 

Lui, quand elle le rencontre dans ce petit café de Montmartre, elle le reconnaît instantanément, il a un air de quelqu’un de proche. C'est comme si leurs sangs, leurs peurs, leurs rires, leurs odeurs, leurs douleurs s’étaient déjà croisés et mêlés dans un autre monde, une autre réalité imperceptible. Elle est face à l’évidence qu'elle ne soupçonnait pas, qu'elle ne souhaitait pas. Elle le sait déjà, elle en est sûre, tout est écrit dans cet échange de regards furtifs. Elle ne peut pas croire qu'elle le rencontre pour la première fois, elle ne peut pas penser que jusqu’à cet instant ils ne se soient pas encore aimés. Pourtant, ils se rencontrent pour la première fois. Juliette le regarde pendant de longues heures sans se lasser. Il est assis là, calme, serein, comme s’il avait confiance, comme si la vie l’avait déjà bousculé, bouleversé. Il devient en un quart de seconde l'idéal de beauté de Juliette, son exemple d’intelligence et son unique sujet de conversation. Elle ressent un bien être immense, une énergie inépuisable, une émotion infinie et cet espoir, encore jamais connu, d’atteindre un bonheur inébranlable.


Cet homme l’interpelle, elle a l’impression de le connaître, et d’un autre côté, il est intriguant, presque mystérieux. Il griffonne sur un petit cahier. Son regard conte une histoire, un film bouleversant, un livre captivant. Il a la tête haute, les traits de son visage racontent les méandres de sa vie passée, ses blessures, sa tristesse. Juliette veut tout savoir : son passé, son présent, ses pensées les plus incertaines. Elle s'approche et lui pose une question, une seule : "Quel est ton secret ?" Il la regarde avec un petit sourire gêné et réconfortant puis reste silencieux.

 

 

 

Toile : Isabelle Perron

 

 


Commentaires

 

1. Bellatrix  le 05-06-2016 à 15:00:11  (site)

Bonjour Thérèse.

Décidément, Goethe vous habite tout entière "de l'ombre à la lumière jusqu'aux affinités électives".
Des affinités électives à..la cristallisation de Stendhal il n'y a pas loin: rare est le véritable amour qui ne comporte pas sa part d'idéalisation.
Quoi qu'il en soit, c'est très beau et agréable à lire.
Le tout illustré avec cette sublime toile..c'est Byzance!

2. sylvie27  le 06-06-2016 à 20:33:15  (site)

Merci du passage sur mon blog.
Je suis toujours épatée quand je lis un roman .
Comment viennent les idées ?
Il faut que le lecteur accroche dés le début , le lecteur feuillette puis lis quelques lignes au hasard ....
Bravo et bonne soirée

3. miou14  le 09-06-2016 à 16:24:04  (site)

Bonsoir Thérèse, merci d'être passée me voir, bonne écriture à toi. A bientôt amitiés normandes/
.

4. Maritxan2  le 13-06-2016 à 12:32:01  (site)

Bonne chance pour la suite ! Sourire1
Merci pour votre visite.

5. barneyminou164  le 13-06-2016 à 17:50:03  (site)

C'est super de savoir écrire des romans
Le récit de celui-ci me semble prometteur
Bravo pour ton blogsmiley_id117199
bonne fin de journée et avec toute mon amitié
bisousNine
Janine

6. Bilous  le 14-06-2016 à 18:37:15  (site)

Bien hate de lire ça !

7. LolaB  le 24-06-2016 à 20:01:00

Et bien, effectivement j' attends la suite, séduite, c est un beau début. J aime cette rencontre ni fortuite ni écrite mais certaine...Vivement septembre! Une belle lecture en perspective. Le choix pictural est efficace...admirative je suis.

édité le 24-06-2016 à 20:03:32
édité le 24-06-2016 à 20:08:03

8. LolaB   le 03-09-2016 à 07:54:52

On est en septembre!!!!!

 
 
 
posté le 02-06-2016 à 10:20:25

Essai : De l'ombre à la lumière

De l'ombre à la lumière

 

"Il n'est jamais facile de se mettre tout
nu devant quelqu'un qui reste habillé."

Le travail d'une vie - Thierry Janssen


Lorsque l'on se regarde dans une vitre, on peut voir légèrement son reflet et les autres à travers la vitre. Lorsque l'on se regarde dans un miroir, on ne voit que son reflet. Dans un miroir sans teint, d'un côté, on se regarde en ignorant que les autres nous voient et de l'autre on devient voyeur. Derrière une vitre, quand on est dans la lumière, les autres nous voient, mais si on est dans le noir, personne ne nous voit. On peut voir la lumière à travers la vitre mais, à travers le miroir, on ne pourra voir qu'un reflet.

 

 

 

Photo : Hennri-Noël Fournier

 


C'est en mettant en évidence sa part d'ombre que l'on peut accéder à la lumière. On peut masquer la lumière, mais on ne peut pas cacher la nuit. Le noir cache la lumière. La lumière, elle, rayonne dans le noir. Rien n'est retiré. La nuit comme la lumière sont toujours présents. Quand les deux se rapprochent, c'est la lumière qui prend toute la place. Il peut y avoir des zones d'ombre, mais elles sont justement la preuve que la lumière est.


"Un homme était tellement perturbé par la vue de son ombre et tellement mécontent de ses propres traces de pas qu’il décida de se débarrasser des deux.
La méthode qui lui vint à l’esprit fut de s’en éloigner en courant. Il se leva donc et courut, mais chaque fois qu’il posait un pied, il y avait une nouvelle trace, tandis que son ombre le suivait sans aucune difficulté. Il attribua son échec au fait qu’il ne courait pas assez vite. Il courut donc de plus en plus vite, sans s’arrêter, jusqu’à ce qu’il tombe raide mort.
Ce qui lui échappa, c’est que s’il avait simplement marché dans l’ombre, son ombre aurait disparu et que s’il s’était assis et tenu tranquille, il n’y aurait plus eu de traces."
La bataille des ombres selon Tchouang Tseu


L'ombre ne peut pas exister sans lumière. Si derrière chaque peur se cache un désir, c'est le désir qu'il faut entendre. Derrière un nuage, il y a toujours le ciel bleu, le soleil. Le savoir, c'est avoir confiance, c'est garder espoir, c'est reconnaître que l'ombre cherche la lumière et que nous sommes des êtres emplis de lumière.

 

 

 

Photo : Hennri-Noël Fournier 

 

 


Commentaires

 

1. gegedu28  le 02-06-2016 à 12:28:34  (site)

Bonjour,
Belle dissertation, ... un sujet sur lequel on pourrait faire plancher les candidats au baccalauréat.
Bonne continuation.
Gégédu28

2. ThereseF  le 02-06-2016 à 18:41:15  (site)

Merci Gégé!

3. sambapati  le 03-06-2016 à 21:02:53  (site)

J'aime la conclusion de ton article qui avance que nous sommes des êtres emplis de lumière... Du positif, ça fait toujours du bien ! Bonne fin de journée.
musicalementd

4. une-histoire-d-amour  le 05-06-2016 à 18:31:49  (site)

tout l'art de s'oublier en se regardant sans se voir, merci pour votre commentaire, nous ne connaissons pas vefblog et donc nous pensions qu'ils ni avaient pas de commentaires, merci encore belle continuation de notre part à Elle et Moi

5. pouty88  le 09-06-2016 à 07:55:14  (site)

bonjour oui j'ai déjà pris en photo ces lumières d'ombre du soleil ,c'est très beau !
bonne journee
pouty

 
 
 
 

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